Perles, diverses manières de les monter sécuritairement ( novembre 2009 )
Avant-propos
Le montage sécuritaire des perles en joaillerie ne peut se faire qu’avec des techniques précises en tenant compte de la fragilité relative des perles, pour ainsi respecter et valoriser leurs grandes beautés.
Malheureusement les perles sont très souvent mal montées, de nombreuses personnes qui perdent leurs perles s’imaginent en être responsables, elles sont simplement victimes d’un travail fait trop vite et sans grand souci de solidité. Je me propose dans ce chapitre de présenter, petit à petit, un grand nombre de techniques reliées au montage des perles.
J’ai décidé avec ce site internet de rendre public tous les aspects de mon travail d’artisan, par contre si mes écrits étaient utilisés pour fin d’enseignement, je demande d’en nommer très clairement l’auteur. Il me fera aussi grand plaisir de répondre à toutes questions permettant de préciser un peu plus mes propos pour faire encore mieux comprendre les aspects et nuances de ces techniques.
Ce premier article vous fera comprendre comment je monte des perles demi-percées sur des tiges pour boucles d’oreilles et pourquoi j’ai la certitude que ces perles resteront fixées pour très longtemps sur leurs tiges. Perdre une perle de sur sa monture est toujours une très grande déception en plus d’être non rentable bien sûr.
Commençons par quelques chiffres.
Les perles qui seront ici montées, sont des perles d’eau douce roses de 6,3 mm de diamètre et de 5,1 mm de hauteur.
Les deux tiges en or 18K du système américain » Guardian ll », font un diamètre de 10,5/10 mm.
L’anneau, qui touchera directement la base de chaque perle, est un fil en or 18K de 6,5 /10 mm tourné sur une tige du système » Guardian ll ».
La cannetille sera coupée avec une scie 8/0, cela est très important pour la précision car il faut enlever le minimum de métal pour que chaque anneau soit de bonne grandeur.
Chaque anneau sera redressé avec un marteau sur un tas d’acier, et pour le remettre parfaitement rond et joindre ses deux extrémités, il suffira de le marteler légèrement dans le plus grand côté du trou d’une fillière ronde, correpondant à son diamètre final. Simple, rapide et efficace.
La tige filetée en or rose, plus solide et plus rigide que l’or jaune, a un diamètre de 9,5/10 mm.
Le foret, fait main, à partir d’une aiguille à coudre en acier, a un diamètre de 9,5/10 mm. Je ferai un jour un article pour expliquer comment faire ces fameux forets, efficaces, peu coûteux et surtout toujours disponibles….un bonheur, il ne faut pas plus de soixante secondes, montre en main, comme dit mon père horloger, pour en faire un.
En tenant la tige avec une pince plate, il est facile de pousser le bout de la tige dans un anneau rond, qui tiendra normalement à serre, sans aucun jeu. Restera alors à souder l’ensemble avec un tout petit paillon de soudure.
Avec le foret, il faut maintenant creuser un demi-trou, qui servira à recevoir l’extrémité limée en cône de la tige filetée. Un très petit paillon de soudure, un millimètre carré environ, sera amorti sur le bout de la tige filletée. Avec un peu de borax, la tige tenue par une brucelle croisée, sera soudée à la volée. Pour plus de rapidité et pour faciliter cette opération je soude toujours un tige de système à chaque extrémité de la tige filetée. Dans le déroché, il y a ainsi une seule pièce à reprendre avec la brucelle de cuivre.