Michel Z dans son atelier
Dans cet article, je me propose de vous présenter et de vous expliquer la conception de mon établi ainsi que la raison de l’emplacement de mes principaux outils de travail. Cette disposition me permet, tout en travaillant toujours entièrement à la main et sans aucun moulage, d’être un artisan efficace et de produire sans concession aucune, un travail de haute qualité.
Je compte d’ailleurs passer une grande partie du reste de ma vie d’artisan à expliquer et à diffuser mon point de vue d’ouvrier créateur contemporain se servant d’outils les plus traditionnels et de cette extraordinaire invention de communication qu’est Internet.
Belle journée.
Michel Zimmermann
Un établi classique dans ses trois composantes majeures: Un arc de cercle de 30 centimètres de profondeur et de 60 centimètres de largeur, un cheville au centre et une peau de vache en dessous. Une hauteur d'établi de 93 centimètres. J'oubliais...29 tiroirs.
Tout juste derrière la cheville deux plateaux tournants, celui du bas disparaissant presque en totalité sous une plaque de contre-plaqué ayant l'immense avantage de mettre en lieu sûr des pierres pour des bijoux en cours de fabrication, mais aussi d'y trouver très rapidement divers petits outils: forets aiguille, disques d'émeri de divers diamètres, soudures d'or, d'argent et de platine...etc...
Celui du haut étant le principal emplacement de mes nombreuses fraises...lorsque bien rangées, pas toujours malheureusement, d'une très grande efficacité..
Entre ces deux tableaux se trouve une plaque de laiton pivotante sur laquelle est posée ma surface réfractaire, pivotante elle aussi, pour la majorité de mes soudures, ainsi que la bouteille de collobre et pinceau avec une aiguille à coudre à son extrémité.
À droite, bien visible, en bleue ma bouteille de propane avec la quelle je fais la grande majorité de mes soudures, extrêmement pratique malgré le fait que ce chalumeau est avant tout destiné aux plombiers.
Juste derrière un petit rangement pour les cabrons.
Toujours sur la droite, deux tourniquets: celui du bas avec un grand nombre de pot à épices, contenant diverses fournitures.
Sur le haut un tourniquet carré de forme présentant quatre faces, chacune avec une vocation bien précise:1) Un grand nombre de pinces, 2) Des pots avec toutes les limes aiguilles nécessaires avec en plus devant une autre série de pots pour des bélières or faites de fil rond 3) Presque toutes mes échoppes avec maintenant en plus une série de bâtons de sertisseurs troués en dessous de sorte à tenir sur des clous plantés juste devant cette troisième face.
4) Des pots plus gros, pour style, feutres, pinceaux, brucelles croisées et une autre série de pots pour les bélières argent cette fois.
À gauche, encore deux tourniquets, celui du bas avec un grand nombres de pots à épices, eux aussi pleins de fournitures, là y sont rangés tous mes gabarits, des morceaux déjà coupés de tous les numéros de papier d'émeri, etc...
Dans le haut, le deuxième tourniquet, ou se trouve dans le haut toutes mes bouterolles en buis, plusieurs dé à emboutir et un dé à cambrer. S'y trouve aussi bigorne, pierre Arkansas, calculatrice, balance en bois, balance électronique, poinçon de maitre, etc,.....
Visible aussi un étau de bonne dimension principalement pour tenir mes filières et tirer du fil.
Un peu caché dans un tiroir un vieux téléphone rouge toujours en activité.
À droite, plus en profondeur, mon déroché avec acide sulfurique, rétractable sur une planche de bois pouvant pivoter presque au dessus de ma cheville, me permettant de voir de très près ce qui se passe dans ce Bécher de 100 Ml ....
De l'autre côté de la pièce, la machine à agrandir et à diminuer les anneaux....toujours en parfait état malgré bientôt cinquante ans de service.
À sa gauche, le tour à polir, un demi-cheval, largement suffisant pour le polissage final ,celui qui devrait se nommer plus justement l'avivage,
Plus loin le tréfiloir, sans qui il serrait impossible ( ou presque ) de produire des fils bruts ensuite tirés dans les nombreuses filières.
Le fameux laminer Dujardin, avec deux grandes roues, l'appareil qui m'est certainement le plus cher au cœur, vendu à paris par un artisan abandonnant le métier, même ayant oublié son nom il demeure présent à mon esprit. L'ouverture des rouleaux d'acier me permet de laminer facilement des lingots de près de 27 millimètres d'épaisseurs...une merveille ce vieux laminoir français
En discussion avec mon fils Pierre. Toutes les photos de cet article sont de Michel Boulianne.
Belle et bonne journée
Michel Zimmermann
Conscient de la chance de travailler dans ces conditions.
17 février 2014