Voilà l'opération la plus délicate, celle qui demande de l'habitude, il est rare de réussir du premier coup des forets parfaits, mais la persistance étant la plus belle des qualités dans la vie, il ne faut absolument pas se décourager....................
Hâtez-vous lentement, et sans perdre courage,
Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage,
Polissez-le sans cesse, et le repolissez,
Ajoutez quelquefois, et souvent effacez.
( Nicolas Boileau, de l'art poétique 1674, Chant 1 )
Pour obtenir deux angles de coupe, permettant de percer avec un outil électrique tournant dans le sens des aiguilles ( encore ) d'une montre il faut faire en même temps et d'un seul geste, chaque angle qui compose la pointe du foret et en même temps l'angle qui donnera une tranche coupante à ces deux angles de coupe.
En tenant fermement le roule-goupille, faites toucher le bout de l'aiguille sur la pierre à aiguiser, droit comme un poteau, penchez légèrement sur la droite pour donner l'angle que l'on voit sur la photo ci-haut et comme sur la partie no:3 du dessin plus bas, ensuite penchez vers l'arrière très peu, à peine quelques degrés, c'est cette angle qui deviendra l'angle de coupe. Tout dépendant de la grosseur de l'aiguille et de la force que vous y mettrez, quelques aller-retour sur la pierre huilée suffiront à aiguiser un côté du foret.
Pour obtenir deux angles identiques, il faut se mettre en tête de faire des mouvements identiques, une sorte de mémoire spatial...., la chose est facile si l'on prends garde de bien poser son coude sur une surface plate et confortable, le bras et la main parfaitement rigide et tenant fermement l'outil, l'autre main tenant la pierre à aiguiser.
Pour percer une plaque de métal précieux de quelques dixièmes à deux millimètres d'épaisseur avec ce foret et un peu d'huile, il ne faudra que quelques secondes voir un peu plus d'une minute et encore plus dans le cas du platine.
Pour des raisons esthétiques, il m'arrive dans des médaillons circulaires de faire une suite de demi-trou, les uns à côté des autres, dans ce cas, je me fais des forets avec des angles plus aigu, de même lorsque je dois percer l'extrémité rivetée d'une goupille dans une charnière servant à tenir une bélière qui serait à réparer.
Derrière ce petit outil se cache une grande liberté, une grande efficacité. En fonction du travail à exécuter cette technique rend de très nombreux services.
Pour faire un foret aiguille, montre en main, je l'ai encore vérifié dernièrement, il faut moins de soixante secondes, pour un outil neuf, disponible en tout temps et du diamètre désiré c'est et depuis longtemps du '' just in time ''.
À ce propos je considère, que bien des pensées, bien des méthodes, bien des approches, bien des astuces et moult solutions de travail pratiquées par les industries ont été empruntées et sans droit d'auteurs aux artisans qui depuis la nuit des temps avec amour et patience ont offert à leurs contemporains leurs efficaces beautés.