Refaire des doubles griffes sur un solitaire diamant ( 10 juillet 2009 )
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| Griffes soudées deux par deux |
Non, je ne me suis pas mis à faire des bijoux contemporains, les griffes de ce solitaire que j’ai fait, il y a un peu plus de quinze ans, étaient à refaire à neuf.
Les deux griffes extérieurs étaient elles à changer complètement de haut en bas. Les quatre autres à refaire dans le haut seulement. On voit ici comment les griffes doubles faites avec du fil carré de 12/10 mm laminé à 8/10 mm et qui donne 14/10 mm de largeur, sont soudées d’un seul morceau et deux par deux. Facile à faire tenir et facile à souder.
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| Griffes coupées à bonne longueur |
Les griffes sont maintenant coupées à la bonne longueur, elles ont été soudées avec la même soudure no 6, comme jadis toutes les autres soudures de cette bague d’ailleurs. Utiliser une seule et même forte soudure pour toute une pièce de joaillerie est l’idéal…..et plus facile que certains ne le pensent.
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| Diamant en place |
Il y avait peu à faire pour ajuster ce diamant de 8,9 mm de diamètre à son chaton six doubles griffes tout neuf, mais vaut mieux toujours s’assurer que tout est en bonne place.
J’ai décidé avec ce site internet de rendre public tous les aspects de mon travail d’artisan, par contre si mes écrits étaient utilisés pour fin d’enseignement, je demande d’en nommer très clairement l’auteur. Il me fera aussi grand plaisir de répondre à toutes questions permettant de préciser un peu plus mes propos pour faire encore mieux comprendre les aspects et nuances de ces techniques.
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| Griffes sciées en deux |
Les doubles griffes sont en fait des griffes un peu plus large que la normal en joaillerie, elles sont élégantes, solides, et sont en réalité faite d’une seule pièce, du fil rectangle provenant d’un fil carré laminé tout simplement.
Avec une scie 8/0, chaque griffe devient alors double, le trait de scie ne descendant que jusqu’au niveau du rondiste du diamant, cette division se continue sur le côté de la griffe par une gravure faite avec une échoppe très fine, la griffe diminuant aussi en largeur jusqu’à la base du chaton, encore question d’élégance.
En joaillerie classique, la pierre doit dominer et la monture doit se retirer progressivement et discrètement.
Les doubles griffes plus petites chacune qu’une seule griffe collaborent à cet objectif.
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| Polissage avec un ruban de coton de l’intérieur du chaton |
Le polissage intérieur d’un chaton se fait avec du ruban de coton enduit de pâte à polir.
La méthode est certes vieille mais super efficace et toute simple. Avant, il est par contre prudent en cours de fabrication de bien passer toutes les surfaces avec des papiers d’émeri très fins….le polissage en sera plus rapide et les surfaces planes ou courbes respectées.
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| Vue de l’intérieur du chaton avant de sertir |
En général, un polissage complet est préférable avant de passer à l’étape du sertissage, la présence du diamant empêchant pour de bon de polir certains endroits une fois le sertissage terminé.
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| Griffes serties mais non terminées |
Les griffes ont été pliées sur le diamant et coupées, plutôt courtes, en effet il ne sert à rien à des griffes de monter loin sur la pierre. La force d’une griffe est plutôt fonction de son épaisseur à l’extérieur du rondiste de la pierre à sertir. Il suffit de si peu par dessus la pierre pour qu’elle ne puisse plus du tout s’échapper et d’être fixée solidement.
Le but du sertissage en joaillerie est d’empêcher, un pierre parfaitement ajustée à sa monture, de remonter vers le haut. À condition bien sûr, qu’elle ne puisse ni descendre, ni bouger de gauche à droite, ni d’en avant à en arrière. La présence d’une ceinture dans un chaton joaillerie est une nécessité. Les griffes étant alors soudées à deux endroits deviennent très solides.
Si ce principe n’est pas respecté le sertissage ne vaudra pas cher…..Bien des bijoux dit contemporains font fi de cela et les pierres finissent par tomber au grand étonnement des propriétaires.
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| Vue rapprochée |
Une fois les griffes coupées, elles seront sculptées à la lime et à l’échoppe plate, avec toutes les précautions d’usage, bien que le diamant soit d’une très grand dureté, des gestes précis seront une bonne répétition quand viendra le temps de sertir par exemple un péridot en solitaire.
Sur cette photo, les griffes n’ont été que limées partiellement avec une lime triangle, pour se rapprocher d’un forme arrondie pour chaque tête de griffe. Reste encore à venir le passage de l’échoppe plate, qui permet de sculpter les griffes à partir de la surface de contact avec le diamant et vers le haut de la griffe.
Le sertissage est une opération qui demande en général beaucoup de concentration et la solitude est alors un bon contexte……..
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| Bague terminée et livrée le soir même. |
La bague est maintenant terminée, elle a retrouvée toute sa jeunesse, cette réparation aura demander pas loin de huit heures de travail, et ce qui m’a fait fortement plaisir est que la cliente est venue le soir même la reprendre……cette pierre lui vient de sa famille, prouvant que toujours les bijoux sont chargés de sentiments et d’amour…….et cela représente une grande part de mon bonheur d’artisan libre et heureux.
Belle journée
Embrassez vos confidentes et confidents.
Michel Zimmermann
Artisan Bijoutier-joaillier
Québec
11 juillet 2009








