Griffe ogive. Photos, textes et croquis étape par étape. ( Grenat taillé par Patrick Dubuc )

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Une série de photos et des croquis trois couleurs, qui étape par étape, peuvent aider à comprendre ( comment construire un chaton ) et comment positionner parfaitement des griffes en fil rond, puis ensuite descendre la pierre au bon niveau, le haut de la culasse reposant sur le haut de la ceinture, suivi des nombreux gestes avec masse de sertisseur, scie, limes aiguilles et échoppes pour obtenir des griffes ogives, dont c’est le but, sont les griffes les plus discrètes en joaillerie lorsque qu’une pierre est observée de face. La raison en est que la lumière n’a d’autre choix que de glisser soit d’une côté ou de l’autre de la ligne de crête de l’ogive et donc de ne pas revenir directement vers l’observateur. Le serti griffe en joaillerie ayant comme objectif premier de donner l’impression que la pierre tient à sa monture par magie, donc avec le minimum de métal visible……..mais via une construction réellement très solide. ( La chaton ajouré ou non ).

 

Ceinture fabriquée et mise en forme via une rondelle sans soudure. ( Plané or de 8/10 mm )

Le premier élément à fabriquer pour construire un chaton est la '' ceinture, '' sur laquelle viendra directement, au moment du sertissage, reposer le haut de la culasse de la pierre. À noter que cette ceinture doit pour toutes les pierres être de dimension à peine inférieur à celle de la pierre, de sorte à ce que de face cette ceinture ne puisse pas se voir du tout. Quelques dixièmes en moins pour cela doit suffire. À noter qu'une ceinture trop petite risquerait de se voir par transparence si trop éloignée ( en dessus ) du bord de la pierre.

Ceinture devenu parfaitement tubulaire au bon diamètre.

Ceinture brut, il ne reste qu'a descendre la pierre en place.

Intérieur de la ceinture.

L'intérieur de la ceinture a été limée en biais avec une lime aiguille '' feuille de sauge '', puis ensuite parfaitement régularisé via un papier émeri enroulé sur un mandrin scié en deux sur sa longueur. ( Outil appelé, émeriseur, barbu ou mouche suivant les pays.......en usage il fait penser à un gros bourdon...... inoffensif ). Il est important que cet angle permette au feuilletis de la pierre de se rapprocher au plus prêt du haut de la ceinture, car c'est le long de la limite interne que viendra frôler le bord intérieur des griffes. L'important étant que la circonférence de la pierre envahisse un chouia ( un ou deux dixièmes de millimètre ) la surface totale de la pierre.

Préparation du batage.

Tout comme la ceinture, il est idéal de prévoir un batage sans aucune soudure. Celui-ci est découpé dans un plané or de 7/10 mm. Plus petit en diamètre que la ceinture, car les griffes seront soudées légèrement en angle.

Ceinture et batage l'un sur l'autre.

La pierre étant dessous, il est alors facile de prévoir l'espace qui devra être entre le bas de la ceinture et le haut du batage de sorte à ce que la culasse de la pierre ne dépasse surtout pas du bas du chaton et soit un soupçon en retrait de la ligne basse du chaton, ainsi la pointe culasse sera parfaitement protégé une fois sertie. De mémoire l'espace mesurée est de 20/10 mm faible.

Cale provisoire.

Un bout le plané de largeur parfaitement régulière permettant tout le long de l'ajustage et des soudures à venir d'avoir la certitude que ceux deux pièces demeureront parfaitement parallèle jusqu'à la fin de la construction du chaton. À noter que pour des questions de dilatation et de température de fusion, il est ultra préférable que cette cale soit du même alliage que celui du chaton en fabrication.

Attachés avec du fil de fer.

Oui, encore et encore, l'usage du fil de fer en joaillerie est la solution idéale pour maintenir en place deux éléments à souder. Ainsi la flamme du chalumeau pourra englober et faire monter en température partout également, sans aucune interférence, tout l'ensemble et permettre une parfaite maîtrise de la fonte des paillons de soudure, avec la certitude que rien ne bougera le temps de ces soudures.

Soudure de la première

Cette première soudure est celle de la première griffe faite uniquement sur la ceinture. Je me réserve la deuxième soudure une fois après avoir vérifié si j'ai suffisamment ou non incrusté la griffe dans le batage. Étape que je ferai une fois le tout déroché, en attachant de nouveau.

Deuxième soudure sur la première griffe.

Maintenant je sais que je peux souder au bon endroit le bas de la griffe touchant le batage.

Deux soudures de faite sur la douzaine au total pour ce chaton.

L'ajustage de la deuxième griffe en face de la première peut maintenant se faire, plutôt facilement.

Et de deux.

Il est normal que la pierre ne descende pas complètement pour toucher le haut de la ceinture, car il faudra plus tard pour la sertir, enlever un peu de métal à l'intérieur de toutes les griffes. Des croquis plus bas de ce long texte expliqueront vu de profil et vu du dessus comment s'y prendre.

Chaton terminé.

Le chaton est terminé, mais il est aussi poli partout, ce qui assure que toutes les soudures sont de belles finitions, sans manque aucun, mais aussi de faire briller des endroits qui ne seraient plus accessibles du tout une fois la pierre sertie.

Vu du dessous

À noter que la majorité de mes pendentifs joaillerie sont suspendus via des bélière deux pièces. Bélières deux pièces dont j'explique la fabrication. sur ma chaîne Youtube et de même sur Viméo.

Bâton de sertisseur.

Le bâton de sertisseur, bout de bois vernis avec à son extrémité une petite quantité de '' ciment de sertisseur '' ( ici un produit français de coût hyper abordable ) qui chauffé via une simple flamme de bougie, permet de tenir solidement la majorité des pendentifs à sertir, avec en permanence une accessibilité complète, tout autour de la pièce en cours de sertissage, pour les limes et les échoppes nécessaires à cette opération . Nul besoin. de tous ces boulets acier percés de mille trous tournant sur roulement à bille pour prioritairement impressionner les profanes. Vive la simplicité si efficace.

Début du sertissage.

Se référer plus bas au croquis de l'étape numéro 4.

Vu de profil

Voir croquis plus bas

Plat sur le dessus des griffes rabattues.

Voir les croquis plus bas,

Lime aiguille ronde.

Voir croquis numéro 6

Griffe en haut à droite légèrement creusée avec la lime aiguille ronde.

Voir étape numéro 6

Lime dos d'âne ( barette ).

Lime aiguille pour limer le profil de la griffe avant de commencer ensuite de la sculpter en forme d'ogive avec sur le dessus une arrête caractéristique.

Échoppe plate et lime aiguille dos d'âne.

Une étape qui demande du temps car il faut que toutes les griffes point de forme et de volume équivalente. cela ne peut se faire qu'avec de la patience et de la minutie, obligeant parfois à retourner sur des griffes que l'on croyait terminée et prête au polissage. Phrase que je. garde sans cesse en tête : '' Le temps ne respecte pas ce qui est fait sans lui ''. Un phrase qui en tout travail, en tout activité demeure d'une impressionnante justesse, sauf si le respect d'autrui ne fait pas parti de l'équation.

Sertissage et polissage terminé.

Sans commentaire.

Gros plan sur la bélière.

Bélière festonnée, divisée en trois comme je le fais souvent.

Objectif

En vert la griffe de profil, en fuchsia la pierre, en bleu la ceinture. De profil à gauche, de face à droite.

Le point le plus important.

Ce croquis montre le plus important à respecter dans la construction d'un chaton avec griffes, ajouré ou non, pour que une fois la pierre descendu, la griffe étant légèrement affaibli au niveau du feulletis de la pierre, celle-ci puissent de plier pile au bon endroit, se rabattre étape par étape sur tout contre le dessus de la pierre, la fixant ainsi très solidement, une fois sculptée soit en forme de demi-boule ou comme dans ce bijou en forme d'ogive,.

Étape 1

La pierre ne descend pas encore. mais ainsi en place on pourra juger de profil de la quantité de métal à enlever ( avec une échoppe plate ).

Étape 2

Visiblement facilement de profil la quantité de métal enlevée avec une échoppe plate, ( zone hachurée ) pour que le plat fait à l'intérieur de la griffe puisse l'affaiblir au bon endroit et que ce plat puisse aussi se poser sur une facette de la pierre.

Étape 3

Griffe rabattue presque complètement sur la pierre avec une masse de sertisseur. Une fois cette étape terminée la pierre ne doit plus pouvoir bouger du tout.

Étape 4

Même si la griffe ne repose pas encore totalement sur sa longueur prévue, c'est à ce moment qu'avec une scie ( 3/0 ) voir idéalement avec une scie 8/10, qu'il faut couper à la bonne longueur toutes les griffes. À noter que pour couper toutes ces griffes à des longueurs identiques, il suffit de prendre comme repère la surface d'une facette se retrouvant la même tout autour de la pierre, ce qui sur des pierres parfaitement taillées ne pose généralement aucune difficulté.

Étape 5

À cette étape je fais un plat relativement court sur le haut de la griffe, avec comme objectif, toujours avec une masse de sertisseur, de plier plus facilement presque complètement la griffe sur toute sa longueur. L'étape suivante montrera une astuce peu courante que cette fois la griffe de profil touche la pierre absolument sur toute sa longueur.

Étape 6

Tout juste en dessus du bout de la griffe ne touchant pas encore complètement la pierre, je creuse cette fois un tout petit peu cette zone de la griffe avec une lime ronde. ce qui me permettra toujours avec une masse de sertisseur de très facilement faire toucher complètement cette partie de la griffe contre la pierre. Ainsi une fois sculptée comme prévue, ni cheveux, ni tissus ne pourront venir se loger entre la pierre et la griffe, chose si affreusement désagréable sur de nombreux bijoux fabriqués à la va-vite.

Étape 7 ( la dernière avant polissage )

Relativement longue, cette étape consiste à sculpter les griffes en forme d'ogive, avec à la fois, des limes aiguilles, triangle et ou dos d'âne ( grain numéro 6 ) et pour les parties de ces griffes tout contre la pierre avec une échoppe plate parfaitement aiguisée qui en remontant ( grattant super gentiment et grande douceur vers le haut ) le bord des griffes inatteignable parfaitement avec une lime aiguille aussi finement bien aiguisée serait-elle en bordure. Mon très long baratin est terminé, merci à vous de m'avoir lu. Je ferai tout bientôt une vidéo sur ce reportage pouvant ainsi ajouter encore peut être quelques détails de plus sur ce travail qui me passionne de plus en plus et ceci depuis cinquante années de bonheur. Merci Paris. Merci mes parents, Merci la BJO. Belle et bonne journée à toutes et à tous. P.S. Si question.... partout je répond avec joie.